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quatre textes

.Nikola Milicevic m’a dit

« viens vivre avec moi

dans ma grande ville

un logement nous y attend

nous arriverons à l’heure qu’il nous plaira

n’emporte pas ton trousseau de clefs

nous n’en aurons jamais plus besoin

nous dînerons à l’ombre des arbres

nous ferons festin sans bourse délier

Nikola Milicevic je ne peux pas te croire

Cette ville ne peut exister

Que dans ton imagination

Tant pis

Je partirai seul à l’aube

Avec pour tout bagage

Des rêves plein la tête


Nikola Milicevic est parti

Sans se retourner

Je l’ai vu disparaître

Pendant que dans mes oreilles

Résonnait le bruit des trains

Depuis, tous les soirs

Je rentre chez moi dans ma cité

Sans espoir, sans amour

Chaque nuit, en rêve

Je rejoins Nikola Milicevic

Dans sa grande ville ensoleillée

Nous nous aimons

Dans un grand lit à baldaquin

Fenêtres et portes ouvertes

Au loin nous entendons

Couler les ruisseaux

Chanter les oiseaux

Et chaque matin

Je repars travailler au Mac Do

——

d’après l’œuvre de Boris Vian « l’accroche-cœur »

Paul nous ramenait à la maison après la naissance de Citroën qui avait eu lieu en « juinet ». Il dormait sur mes genoux, la tête couverte d’un bonnet en filoselle, le corps bien au chaud dans son « panbison ». Il venait de boire sa tournée. Sa petite figure était morose comme celle d’un saint de pierre.
Bifide, la chaussée contournait le terre-plain où des chênes, mal foutus comme des gros chiens, maintenaient une ombre tranquille. Sur le bas-côté, des fleurs faisaient des taches de couleurs, tandis que des « maliettes » volaient dans le ciel.

« Paul regarde une chèvre qui fait du stop avec ses cornes ». Celui-ci haussa les épaules et accéléra.

Je chantonnais :

l’aubépine c’est une fleur

la graisse c’est du gras

la m…e c’est du bonheur

Jesus c’est mieux que tout çà

L’herbe c’est pour les bêtes

La viande c’est pour papa

Les cheveux c’est pour la tête

Jesus c’est mieux que tout çà

La maison toute blanche apparut, Paul nous déposa et me dit de monter coucher le petit pendant qu’il déchargeait les bagages..

Arrivée dans la chambre, je couchai la cage qui se trouvait dans un coin, allongeai Citroën à l’intérieur et la refermai.

Paul furieux cria « Myrtille qu’est ce que tu fais » !

Je restai là les bras ballants. Il ajouta que demain il prendrait rendez-vous chez le Dr Danaïdes, psychiâtre car je semblais avoir perdu tout bon sens.

« bonjour Madame, avez vous bien dormi » ?

Je sursautai dans mon lit et ouvris les yeux. J’étais à la clinique. Hugo dormait paisiblement. Je le pris dans mes bras et fis tomber le livre « l’accroche-cœur » de Boris Vian que j’avais lu avant de m’endormir. J’avais été séduite par sa lecture.

Je cajolai mon bébé, lui murmurai des mots doux, l’assurai que je n’exigerais pas comme Clementine qu’il marche à six mois, qu’il sache lire à un an, que les portes seraient toujours ouvertes grand pour qu’il puisse partir à la conquête du monde.Par contre, si je voyais un jour son papa construire un bateau, je l’en empêcherais.

Que l’avenir me semblait plein de promesses…..

————————————————-

Monsieur Dupont et son chat

Chaque matin, le chat de M.Dupont l’attendait fièrement sur le pas de la porte, une proie dans la gueule.

Un jour, c’était un oisillon, un autre une taupe, parfois un rat. Cela ne le réjouissait pas, mais que pouvait-il y faire ? le chat est un prédateur, on l’accepte ou on ne l’accepte pas se disait-il. Jusqu’à ce matin de novembre où son chat avait dans la gueule une chose épouvantable : un petit fœtus.

Choqué, M. Dupont s’assit pour essayer de reprendre ses esprits ! et sa femme qui n’était pas là !

Il téléphona à son employeur pour lui dire que malade il ne viendrait pas travailler. Il ne savait quoi faire ! appeler la police ? non, la maman était peut-être dans la détresse.
Avec un peu de dégoût, et sans trop regarder, il enveloppa le fœtus dans une serviette, puis dans un plastique et le mit dans le congélateur ; puis, après s’être couvert, il sortit pour trouver des indices éventuels mais il ne remarqua rien.

M. Dupont rentra chez lui désemparé , rouvrit le congélateur et plaça « le sac » bien en-dessous de tous les produits Picard en espérant que sa femme ne le remarquerait pas. Il avait encore besoin de réfléchir.

Puis, M.Dupont reprit sa routine tout en lisant consciencieusement les faits divers mais rien. il traînait dans le quartier où de temps en temps il croisait des visages connus et certaines jeunes femmes lui paraissaient amincies. Et puis M. Dupont finit par oublier ; Monsieur Freud aurait dit qu’il avait refoulé.

Et puis, un jour, son passé le rattrapa : à leur retour d’un week-end passé chez leurs enfants, Mme Dupont, suite à une coupure de courant, dut jeter tous les produits décongelés. Tout à coup, il l’entendit hurler « qui a mis ce fœtus de chien dans le congélateur « .

Que pouvait –il dire d’autre que la vérité, même si toute vérité n’est pas bonne à dire. Avec beaucoup de dédain , elle murmura « mon pauvre ami ».
M. Dupont sentit le poids qu’il avait sur la poitrine depuis des mois disparaître. Un peu penaud,Il s’en alla caresser son chat qu’il avait un peu négligé ces derniers mois et se prépara à manger la soupe à la grimace que sa femme ne manquerait pas de lui servir .

Nota : les phrases en italiques étaient à inclure dans le texte

« avec ton ombre j’ai marché », puis la nuit est tombée, ton ombre a alors disparu. Je me suis retrouvé seul, apeuré. Je me suis alors couché à l’ombre d’un arbre dont je ne connaissais pas le nom. Du coup, mon désarroi ne fit qu’augmenter. Mais tout à coup je réalisai que demain, quand la lune se sera couchée et le soleil levé, je te retrouverai. Je m’endormis donc serein imaginant ton ombre lovée près de moi.
Je fus réveillé en sursaut. Mes genoux me faisant mal, je me relevai. Le jour s’était levé et tout à coup je vis ton ombre et je m’approchai pour t’étreindre, fou que j’étais de t’avoir retrouvée ; mais tu ne te laissas pas attraper .

Je redoublai de pleurs qui petit à petit se transformèrent en ruisseau, baignant ton ombre. J’eus l’impression que tu y pris plaisir et cessai de pleurer.
Je m’assis et sortis ma théière et le

thé parfumé à la bergamote coula agréablement dans ma gorge. J’en éprouvai un vif plaisir que j’aurais voulu partager avec toi. Je t’en aspergeai légèrement ; tu me parus contente.
Tout à coup un homme me cria ici « nous construisons une route » et si vous ne voulez pas que votre ombre soit goudronnée, il faut courir très très vite . Je ne me le fis pas dire deux fois. Je rangeai ma théière, ma tasse mais dans ma précipitation cette dernière tomba sur toi. Je crus t’entendre dire « ouïe » mais je ne me fis pas de souci car j’ai ouï dire que les ombres ne connaissent pas la douleur ; heureusement, car on leur marche souvent dessus et jamais elles ne semblent altérées.

Je dévalai la pente à grandes enjambées, toi toujours à mes côtés.

J’avais d’ailleurs une autre raison de me hâter car ma sœur m’avait écrit que « son mariage l’ayant rendu malade » elle devait suivre une cure en Toscane et ne pouvant envisager d’y aller seule avec son mari, elle me demandait de l’accompagner ; elle n’était plus que l’ombre d’elle-même me précisait-elle dans sa lettre. Je devais donc la rejoindre rapidement.
Je regardai mon ombre avec tendresse et lui dis « tu verras la Toscane te plaira et puis là-bas tu entendras parler italien, notre langue maternelle à tous deux. »

Je t’aime chère ombre, reste comme tu es, tu me plais et je dois dire qu’au fil des années tu me sembles toujours aussi belle.

 

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